La justice annule la création de la zone d’aménagement prévue pour Europacity…

Il arrive que la Justice porte un coup d’arrêt, ou tout au moins, un sérieux coup de frein, à certains projets d’aménagements par trop démesurés. Notre amie Sylvie Delcoustal, Secrétaire Générale de l’association “Défense du cadre de vie”, nous recommande la lecture d’un excellent article paru, sur ce sujet, dans le Monde.fr (avec l’AFP), le 6 Mars 2018 :
Sylvie Delcoustal
—EXTRAITS—
Europacity : la justice annule la création de la zone d’aménagement devant accueillir le mégaprojet

Le projet prévoyait d’implanter d’ici à 2024 un parc d’activités à vocation touristique et culturelle sur 80 hectares de terres encore agricoles du Val-d’Oise.

Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé, mardi 6 mars, l’arrêté du préfet du Val-d’Oise autorisant la création de la zone d’aménagement concerté (ZAC) dite du « Triangle de Gonnesse » devant accueillir le mégacomplexe de commerces et de loisirs Europacity au nord de Paris.

Le tribunal, saisi par plusieurs associations de défense de l’environnement, a estimé « que l’étude d’impact mise à disposition du public dans le cadre de l’enquête publique (…) était insuffisante » sur plusieurs points, notamment environnementaux. Le jugement souligne ainsi « l’importance de l’impact potentiel de ce projet sur l’environnement, compte tenu notamment de la suppression de 280 hectares de terres agricoles ».

Dans son jugement, le tribunal souligne également que les analyses étaient « très insuffisantes » concernant « la question des émissions de CO2 induites par les déplacements de touristes par déplacements terrestres ou aériens, eu égard à la proximité de l’aéroport et dans la perspective de la création d’Europacity » qui entend attirer 31 millions de visiteurs (gratuits et payants) par an. Pour le tribunal, ces lacunes « ont nécessairement, par leur importance et leur cumul, été de nature à nuire à l’information complète de la population et à exercer une influence sur la décision de l’autorité administrative ».

Etant donné qu’il s’agit d’une ZAC d’Etat, créée et aménagée via son aménageur Grand Paris Aménagement, c’est au préfet du Val-d’Oise qu’il reviendra de décider de faire appel ou non de cette décision.

« Pas un coup d’arrêt »

Le directeur du développement d’Europacity, David Lebon, a déclaré que la décision du tribunal administratif ne portait « pas un coup d’arrêt » au projet, dont le calendrier a déjà été rallongé fin février, quand le gouvernement a reporté de trois ans, à 2027, la construction de la gare du Grand Paris Express desservant le triangle de Gonesse.

Les porteurs du projet ont fait savoir qu’ils prenaient acte de la décision de justice, mais n’abandonnaient pas le projet pour autant. « Cette étape administrative n’impacte pas la volonté des actionnaires de réaliser ce projet d’intérêt national créateur de plus de 10 000 emplois », précise un communiqué. Par ailleurs, le maire de Gonesse, Jean-Pierre Blazy, estime qu’« il s’agit plus d’un contre temps que d’une remise en cause ».

Un mégacomplexe touristique et culturel contesté

Le mégacomplexe Europacity prévoyait d’implanter d’ici à 2024 un parc d’activités à vocation touristique et culturelle sur 80 hectares de terres encore agricoles du Val-d’Oise, autrefois zones de maraîchage destinées à ravitaillerParis.

Europacity se présentait comme un « projet touristique d’un nouveau genre », associant « loisirs, culturesport, commerce, hôtels, restaurants et agricultureurbaine pour tous les publics franciliens, les touristes nationaux et internationaux ». Un projet à 3,1 milliards d’euros porté par Immochan, la filiale immobilière du groupe de distribution Auchan, et cofinancé par le géant de l’immobilier chinois Wanda. Celui-ci envisageait d’attirer les visiteurs sur une zone où la construction de logements est impossible en raison des nuisances causées par les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et du Bourget.

Initialement critiqué comme une « dubaïsation » de l’Ile-de-France, en raison des pistes de ski artificiel inscrites dans le projet et de l’abondance de centres commerciaux évoquant l’émirat de Dubaï, le projet était voué aux gémonies en raison du bétonnage prévu de terres qui furent parmi les plus fertiles d’Europe.

 En savoir plus sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2018/03/06/europacity-la-justice-annule-la-creation-de-la-zone-d-amenagement-devant-accueillir-le-megaprojet_5266500_3244.html#xkZ6ksgWVYTCCuAJ.99

1 Comment

  1. Il est heureux que la justice reconnaisse la légitimité des combats citoyens menés contre les projets mégalos entrepris par certains “décideurs” forts de leurs pouvoirs et de l’argent dont ils disposent, le leur, ou l’argent public dont ils sont comptables. La plupart de ces projets sont destructeurs de la nature, de l’environnement, des terres fertiles à vocation agricole ; ils sont, en outre, des gouffres financiers qui plombent, directement ou indirectement, les finances publiques.
    Les exemples lointains sont particulièrement parlants. Néanmoins, tout près de chez nous, des cas analogues fleurissent, nourris par les ego démesurés de quelques potentats locaux en mal de notoriété: Le Center Parc, la Zone d’Activités de Sainte Colombe en Brulhois, la Zone d’activités de Saint-Sulpice à Villeneuve…
    Je salue les “Résistants” qui s’opposent avec, le plus souvent, de maigres moyens, à tous ces méga-projets destructeurs et ruineux.

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