Alarmant : la disparition des insectes…

Notre amie Sylvie Delcoustal nous adresse une article passionnant, écrit par Daniel Mathieu, et paru dans les actualités de Tela Botanica le 19 Septembre 2017 : les insectes disparaissent massivement ; très peu se collent désormais au pare-brise des voitures…

Sylvie Delcoustal

Mais où sont passés les insectes ?

Mis en ligne mardi 19 septembre 2017 par Daniel MATHIEU – Brèves

Les entomologistes l’appellent le “phénomène du pare-brise” : les pare-brise des voitures étaient couverts au printemps et en été avec les restes d’insectes. Aujourd’hui, les voitures restent propres…

Dans son numéro de Septembre dédié aux mouches et autres diptères, la revue “La Salamandre” annonce dans un encart une nouvelle alarmante “La quantité d’insectes a diminué de 78% en 24 ans !

Voulant en savoir plus je me suis rendu sur le site internet indiqué sciencemag.org j’ai retrouvé la source de cette information inquiétante : Il s’agit d’un article accessible aux abonnés (payants) à la revue scientifique en ligne AAAS dont voici les références :

-  Science 12 mai 2017 : 
-  Vol. 356, numéro 6338, p. 576-579 
-  DOI : 10.1126 / science.356.6338.576 
-  http://science.sciencemag.org/content/356/6338/576

Voici la traduction du résumé (en anglais)

Les entomologistes l’appellent le phénomène du pare-brise : les pare-brise des voitures étaient couverts au printemps et en été avec les restes d’insectes. Aujourd’hui, les voitures restent propres… Les observations sur les insectes écrasés ne constituent pas une information scientifique, bien sûr, mais il existe très peu de données fiables sur le sort de ces espèces.

Les scientifiques ont suivi des déclins alarmants chez les abeilles domestiques, les papillons monarques et les vers luisants. Mais peu ont prêté attention aux mites, aux mouches , aux coléoptères et à d’innombrables autres insectes qui papillonnent pendant les mois chauds. Parmi les rares enregistrements qui existent, beaucoup viennent de naturalistes amateurs, collectionneurs de papillons ou observateurs d’oiseaux.

Aujourd’hui, une nouvelle étude de long terme est disponible, réalisée par un groupe d’entomologistes qui ont suivi l’abondance des insectes dans des centaines de réserves naturelles en Europe de l’Ouest depuis plus de 30 ans. Au fil du temps, la Société d’entomologie de Krefeld, a en effet suivi les variations annuelles de ses prises d’insectes. Mais en 2013, ils ont repéré quelque chose d’alarmant. Lorsqu’ils sont retournés à l’un de leurs premiers sites de piégeage datant de 1989, ils ont constaté que la masse totale de leurs prises avait chuté de près de 80% ! Était-ce une année particulièrement mauvaise ? afin de le savoir ils ont mis en place les pièges l’année suivante en 2014. Les chiffres étaient tout aussi bas. L’équipe, qui a sauvegardé soigneusement des milliers d’échantillons sur 3 décennies, a fait des comparaisons plus complètes. Ils ont constaté des baisses spectaculaires dans plus d’une douzaine d’autres sites. Leurs observations soulèvent des questions sur la généralisation de ces pertes et sur leurs causes.

Daniel Mathieu

*******

Sur ce sujet, lire aussi :

Les chiffres alarmants de cette étude sur la disparition des insectes volants

Le principal suspect: l’agriculture intensive.

Yves Souben

 19/10/2017 11:14 CEST | Actualisé 19/10/2017 11:31 CEST

GETTY IMAGES/EYEEM
En 30 ans, environ 80% des insectes volants auraient disparu en Europe

ÉCOLOGIE – La diminution du nombre d’insectes devient “dramatique”, selon les propres mots d’une étude allemande. En trente ans, la population des insectes volants a diminué d’environ 80% en Europe. Publiée ce mercredi 18 octobre dans la revue scientifique PLOS Onel’étude a été reprise par Le Monde le soir-même.

 

Les chercheurs qui en sont à l’origine ont basé leurs analyses sur les captures d’insectes réalisées en Allemagne par des pièges spécifiques depuis 1989. Des données qu’ils estiment pouvoir généraliser aux autres pays d’Europe. Après avoir croisé des données statistiques, ils estiment que l’agriculture intensive serait la cause plausible de cette diminution.

 

“Nos résultats documentent un déclin dramatique des insectes volants, de 76 % en moyenne et jusqu’à 82 % au milieu de l’été, dans les aires protégées allemandes, en seulement vingt-sept ans”, détaillent Caspar Hallmann (université Radboud, Pays-Bas) et ses coauteurs.

 

“La perte de ces insectes a des conséquences néfastes certaines sur le fonctionnement des écosystèmes, puisqu’ils jouent un rôle central dans de nombreux processus”, rappellent les scientifiques en guise d’introduction, comme la régulation des forêts, le traitement des déchets naturels, la chaîne alimentaire…

 

Menée dans 63 aires protégées représentatives en Allemagne pendant 27 ans, cette étude est la première de cette ampleur. Cité par Le Monde, Bernard Vaissière, chercheur à l’INRA et spécialiste de la pollinisation et des abeilles sauvages, explique: “généralement, ce type de travail est conduit sur un taxon, ou sur une espèce particulière”. Si les résultats sont cohérents avec ceux des études antérieures, “le chiffre n’en est pas moins énorme”.

L’intensification de l’agriculture, “cause plausible”

Ces aires protégées sont “représentatives des zones naturelles protégées d’Europe de l’Ouest” à basse-altitude, précisent les chercheurs à l’origine de l’étude, ce qui leur permet d’en généraliser les conclusions.

Face à des résultats impressionnants, un travail statistique a été mené sur les différents lieux observés, pour expliquer cette disparition de populations d’insectes. Les différents facteurs, comme la température des sols, la biodiversité végétales, “interviennent localement, mais ne peuvent pas expliquer le déclin au cours du temps”, explique Bernard Vaissière.

Une “cause plausible” resterait donc, selon l’étude, l’intensification de l’agriculture. Les chercheurs pointent l’utilisation de pesticides, de fertilisants, la disparitions des haies qui entourent les champs ou les nouvelles méthodes de protection des semences. Parmi celles-ci, Le Monde cible l’enrobage des graines par des néonicotinoïdes, les pesticides “tueurs d’abeilles”. D’après une autre étude publiée le 5 octobre dernier, leur trace a été retrouvée dans les trois-quart des miels, preuve de la transmission des produits chimiques depuis les champs cultivés vers les zones naturelles.

Face à cette situation “alarmante”, “il y a un besoin urgent de révéler les causes de ce déclin, leur étendue géographique, et de comprendre ses ramifications sur les écosystèmes et les services rendus aux écosystèmes”, conclut l’étude.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*