Cadre de vie – Santé : point sur l’avenir de l’Hôpital de Villeneuve-sur-Lot …

Dans une interview recueillie par Jérôme Schrepf et publiée dans La Dépêche du Midi du 2 Décembre 2017, Michel Laforcade, directeur de l’ ARS, agence régionale de santé, fait le point sur le devenir du Pôle Santé du Villeneuvois :

Michel laforcade: «Si on avait voulu réduire la voilure, on l’aurait fait avant»

Actu Santé – Michel laforcade, directeur de l’agence régionale de santé

Michel laforcade: «Si on avait voulu réduire la voilure, on l'aurait fait avant»
Photo La Dépêche du Midi
Michel laforcade: «Si on avait voulu réduire la voilure, on l’aurait fait avant»

Le directeur de l’organisme de tutelle du centre hospitalier s’exprime pour la première fois sur la vente de la clinique de Villeneuve. Interview.

En autorisant en juin le rachat de Médipole Partenaire par le groupe Elsan, l’Autorité de la concurrence a posé une condition : Elsan doit, pour ce qui concerne le Lot-et-Garonne, se séparer d’une de ses deux cliniques d’Agen ou de Villeneuve. Le choix d’Elsan s’est porté sur la clinique de Villeneuve, mise en vente en août. Un choix qui a fait l’effet d’une bombe en Villeneuvois : depuis fin 2014, clinique et centre hospitalier sont réunis sur le même site de Romas au sein du Pôle de santé Villeneuvois (PSV). Un PSV et son partenariat public privé, présenté, avant son ouverture, comme la seule solution pour préserver l’offre de santé sur le territoire. Depuis la mise en vente de la clinique, peu d’informations filtrent. Toutefois, le scénario de la reprise de la clinique par un opérateur privé n’est avancé par aucun des interlocuteurs interrogés. Qui, en revanche, s’inquiètent de l’avenir induit par un rachat par le centre hospitalier. Pour la première fois, le directeur de l’agence régionale de santé de Nouvelle Aquitaine, l’organisme de tutelle, Michel Laforcade, s’exprime sur le sujet.

La Dépêche du Midi.- Comment appréhendez-vous la perspective d’un rachat possible de la clinique par le centre hospitalier de Villeneuve ?

Michel Laforcade.- D’abord je voudrais dire que je suis satisfait de la situation actuelle. Trois ans après, la réalisation d’un pôle public privé fonctionne très bien. Nous avons un groupe qui a pignon sur rue, un équipement neuf : tous les voyants sont au vert.

Pourtant vous étiez de ceux, en 2014 encore, qui estimaient le projet surdimensionné.

Je n’ai pas changé d’avis car ce projet a été imaginé au milieu des années 2000 et a été réalisé 10 ans plus tard. Entre-temps les pratiques ont évolué avec notamment davantage de chirurgie ambulatoire, nécessitant moins de lits. D’ailleurs le PSV a été redimensionné en louant des mètres carrés à d’autres activités. Pour revenir à votre première question, le respect de la réglementation s’impose. Je ne suis demandeur de rien mais l’Autorité de la concurrence impose la vente de la clinique. À ce stade, je me pose en observateur du dossier. Mais quelle que soit l’hypothèse retenue, nous n’allons pas laisser tomber le Pôle de santé. Nous avons besoin des activités et du public et du privé. Le territoire a besoin de l’ensemble des autorisations pour assurer la continuité de l’offre de soins sur le Villeneuvois.

Vous dites aujourd’hui que si le centre hospitalier rachetait la clinique, l’ARS attribuerait à la future entité les autorisations d’activités médicales et chirurgicales actuellement attribuées au privé ?

Oui, c’est ça. Si on avait voulu réduire la voilure de l’offre de soins, on l’aurait fait avant. Dans l’hypothèse «tout public» il y aura sans doute des mutualisations, par exemple au niveau de la direction ou des ressources humaines. Mais l’offre sanitaire restera la même.

Cela signifie une hausse des crédits alloués par l’ARS ?

L’offre sanitaire est supportée par l’assurance maladie, y compris dans le privé. Dans le cadre d’un rachat par le public, ce ne sera pas simple et cela ne se réglera pas miraculeusement en quelques semaines. Mais je ne suis pas inquiet car cela s’est déjà fait ailleurs.

Vous parlez d’hypothèse de rachat et de «tout public». Vous négociez ? Vous êtes en contact avec Elsan ?

Non. D’ailleurs cette hypothèse reste floue car rien n’est chiffré. Nous ne connaissons par exemple pas le montant de la transaction et je ne sais pas non plus si des acteurs privés se sont positionnés.

Si le rachat par le public se confirme, l’un des enjeux sera l’attractivité de l’hôpital. Quel levier activer ?

C’est vrai qu’il y aura des difficultés pour Villeneuve de ce côté-là, si on passe au statut «tout public». Dans le cadre d’entité «public privé» le privé aide à faire venir certaines activités : lorsqu’un service de chirurgie est mutualisé entre public et privé, les gardes s’établissent toutes les 6 ou 7 semaines plutôt que toutes les 2 ou 3 semaines. ça facilite les recrutements. Cela étant, toutes les hypothèses restent ouvertes : le rachat de la clinique par un groupe privé ; le rachat par le public ; ou encore le maintien temporaire du statut privé pour les médecins qui relevaient de ce statut avant le rachat.

Cela passe aussi par plus de synergies entre Agen et Villeneuve ?

Oui. Le Groupement hospitalier de territoire (GHT) doit aller encore plus loin. Les consultations avancées de médecins agenais à Villeneuve vont dans le bon sens. On va raisonner de plus en plus en équipe territoriale.

Cela signifie aussi des économies ? Faut-il par exemple garder des plateaux techniques sur tous les sites, toutes les nuits ?

La rationalisation des moyens est indispensable. Je vous répondrai donc que l’hypothèse du rachat de la clinique privée par l’hôpital public nous obligera à aller encore plus loin dans cette direction.

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