Chez nos voisins, la protection des sites pose problèmes : Le Barrage de Beauregard en question…

Un article de Pierre Cornu (avec Photo Morad Cherchari), publié dans “Le Petit Bleu” de l’Agenais le 29 Décembre 2017,  relate le combat des élus de Boé qui s’opposent à la destruction du Barrage de Beauregard : 

Vers une destruction en 2018 ?

Actu – Barrage de Beauregard

La destruction du barrage de Beauregard est programmée, par l'Etat, en 2018 ; les élus de l'agglo, les riverains sont fermement opposés à cette décision./ photo Morad Cherchari
La destruction du barrage de Beauregard est programmée, par l’Etat, en 2018 ; les élus de l’agglo, les riverains sont fermement opposés à cette décision./ photo Morad Cherchari

L’État a récemment déposé une déclaration de travaux pour détruire le barrage de Beauregard, à Boé, en 2018. Une décision qui fait bondir ses défenseurs.

 Depuis près de 50 ans, le barrage de Beauregard, situé sur la commune de Boé, est à l’abandon. Et durant toutes ces années, la Garonne a érodé la construction qui remonte à 1856. Devant ce constat, les services de l’État ont programmé la destruction complète de l’ouvrage pour l’année 2018 (coût estimé des travaux : 1,5 million d’euros).

«Nous avons reçu, la semaine dernière, en mairie de Boé, une déclaration de travaux pour un arasement du barrage en juillet 2018, explique le maire, Christian Dézalos. Nous, les élus de l’agglomération, surtout ceux riverains de la Garonne, y sommes fermement opposés. Nous sommes surtout surpris que les choses aillent si vite.»

En effet, l’Agglomération d’Agen et l’Association pour la réhabilitation du barrage de Beauregard sont en contentieux avec l’État, représenté par la préfecture. «Les instances sont en cours, rappelle Michel Pierre, le président de l’association. L’instruction est close mais la préfecture doit apporter ses observations, puis nous les nôtres avant que le tribunal administratif ne se prononce». Michel Pierre ajoute qu’avant la décision judiciaire, il est interdit de mener des travaux sur le site. «On sera là pour le rappeler», promet-il.

Outre ce contentieux, Christian Dézalos avance un autre argument contre la tenue des travaux d’arasement. «Ils ont déposé une déclaration sur un lieu naturel, du réseau Natura 2000, sans prendre de précautions, sans faire d’études environnementales.»

Enfin, le maire de Boé appuie sur le coût de travaux. «Dépenser 1,5 million d’euros en ces temps difficiles, alors que la Garonne détruit petit à petit l’édifice, c’est incompréhensible.»

En bref, ce passage en force de l’État ne passe pas. «On ne met pas en cause le sort d’un ouvrage public, qui appartient à l’État. Mais nous estimons qu’on ne peut pas non plus balayer d’un revers de main l’hostilité de tous les élus de l’Agglomération.» Sur son blog, Bernard Lucet, le vice-président de l’Agglomération d’Agen, s’est d’ailleurs fendu d’un billet bien trempé contre cette décision étatique.

Pour soutenir leur démarche, les défenseurs du barrage s’appuient sur des arguments écologiques : une certaine sécurité en matière de pompage des eaux de la Garonne pour l’agriculture, une lutte efficace contre l’érosion des berges et la possibilité de création d’une microcentrale hydraulique. Sur ce dernier point, c’est pour l’instant impossible, le classement de la Garonne n’étant pas suffisant.

Nous avons essayé de recueillir une réponse de la préfecture, mais nous ne sommes parvenus à joindre personne.

Malgré la nouvelle, l’Association pour la réhabilitation du barrage de Beauregard ne désarme pas. «Nous avons encore nos chances», soutient Michel Pierre, bien décidé à ne pas laisser l’écueil être réduit en poussière.

2 Comments

  1. Et dire qu’on rogne sur nos retraites pour je ne sais quelles économies faites par l’Etat ! Ce même Etat prêt à mettre 1.5 millions d’euros au bas mot pour détruire ce barrage alors que notre “cher” Président ne sait même pas qu’il existe !!!! Quelle gabegie ! Est-ce que ce barrage gêne ? Est-il dangereux et menaçant pour la faune et la flore ? Représente t’il un danger pour la santé publique ? Que nenni… Alors on le garde tel quel ou on le reconstruit s’il s’avère qu’il est reconnu d’utilité publique ou environnementale !

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