Conséquence du réchauffement climatique, les sommets des montagnes européennes accueillent un nombre croissant de plantes inédites…

De plus en plus de sortes de plantes de plus en plus haut. Conséquence du réchauffement climatique, les sommets des montagnes européennes accueillent un nombre croissant de plantes inédites, selon une étude parue mercredi dans la revue scientifique «Nature».

Notre amie Céline Garcia nous recommande la lecture de l’article paru dans Le Parisien du 5 Avril 2018 (Avec Photo LP/Arnaud Journois) :

Céline Garcia

Les espèces de plantes sont de plus en plus nombreuses à gagner de l’altitude sous l’effet du réchauffement climatique (illustration). LP/Arnaud Journois
Un sommet de montagne accueille actuellement 5,4 nouvelles espèces en dix ans, contre 1,1 au milieu du XXe siècle.

De plus en plus de sortes de plantes de plus en plus haut. Conséquence du réchauffement climatique, les sommets des montagnes européennes accueillent un nombre croissant de plantes inédites, selon une étude parue mercredi dans la revue scientifique «Nature».

Les plantes remontent de plus en plus rapidement des niveaux inférieurs, avec des sommets cinq fois plus «colonisés» de nouvelles espèces ces dix dernières années qu’au cours de la décennie 1957-1966. Ce constat est dressé après l’étude de 302 sites des Alpes, des Pyrénées, des Carpates, du Svalbard (Norvège), d’Écosse ou de Scandinavie.

5 fois plus de nouvelles espèces en 50 ans

Selon l’étude, fondée sur 145 ans de relevés botaniques, le nombre d’espèces s’est enrichi sur 87% des sites. Au cours de la période 1957-1966, un sommet a accueilli en moyenne 1,1 espèce nouvelle ; en 2007-2016, on passe à 5,4 espèces nouvelles. Cette migration concerne même des plantes réputées pour se déplacer lentement. Cette tendance concorde avec l’augmentation des températures, explique l’équipe de 53 chercheurs issus de onze pays. Ils rappellent que les montagnes subissent un réchauffement particulièrement rapide.

La «grande accélération» biologique, météorologique ou chimique, observée depuis les années 1950 par la communauté scientifique sous l’effet des activités humaines, est ainsi «aujourd’hui perceptible dans les sites les plus reculés de la planète : les sommets de montagne», souligne le CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Le concept de «grande accélération» caractérise l’influence de l’homme sur la nature depuis le milieu du XXe siècle, comme jamais auparavant dans l’histoire humaine.

Des espèces cependant menacées

Les écosystèmes montagnards pourraient en outre être «fortement perturbés à l’avenir», note le CNRS. Si, dans un premier temps, la biodiversité croît sans extinction, cela pourrait ne pas durer. Les chercheurs redoutent une disparition de certaines plantes des sommets, incapables de rivaliser avec les espèces généralistes plus compétitives venues des niveaux inférieurs. «La richesse accrue des espèces devrait être un phénomène transitoire, cachant l’accumulation d’une dette d’extinction» à venir, prévient l’étude.

De manière plus générale, La Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité (IPBES) vient de produire un nouveau bilan alarmantde l’état de la biodiversité dans le monde. En Europe et en Asie centrale, 42% des espèces d’animaux et de plantes terrestres ont ainsi vu leur population décliner ces dix dernières années.

 

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