Des légumes bio sur les toits de logements sociaux…

A l’heure où l’on se pose la question de savoir où et comment cultiver des légumes bio, des exemples de modes de culture originaux fleurissent ça et là. Notre amie Sylvie Delcoustal a déniché un très bel article de Flore Mabilleau, publié dans Ouest-France, le 16 Mars 2018, relatant les expériences de cultures biologiques sur les toits des logements sociaux dans la région de Tours… Intéressant…

Sylvie Delcoustal

EXTRAITS DE L’ARTICLE :

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Des légumes bio sur les toits de logements sociaux

À Tours (Indre-et-Loire), un bailleur social construit un immeuble équipé de terres cultivables, sur les toitures et au pied de ses 76 logements.

En haut et au pied des trois étages de logements sociaux, des terres cultivables : 1 000 m² sur les toits, dont 800 sous serres, à quoi s’ajoutent 1 200 m² en pleine terre destinés à accueillir légumes, arbres fruitiers ou champignons. Le 20 avril 2018, la première pierre des « Jardins perchés », un projet d’urbanisme innovant mêlant logements sociaux et maraîchage en milieu urbain, sera posée à Tours (Indre-et-Loire).

Une initiative « qui fait partie des solutions permettant de limiter la baisse des surfaces agricoles en centre-ville », analyse Alexandra Schalk-Petitot, adjointe au logement et aux affaires sociales de la ville de Tours et vice-présidente de Tour(s) Habitat, le bailleur social pilotant ce projet « qui vise l’équilibre économique, dans l’opération, comme dans l’exploitation commerciale ».

Légumes biologiques et aquaponie

Un dispositif qui serait unique à ce jour. « Nous avons identifié des constructions d’envergure au Canada, aux États-Unis ou au Japon, mais sur des immeubles de bureau, pas sur des bâtiments ayant vocation à accueillir des logements sociaux », précise Alexandra Schalk-Petitot.

(Illustration : Les Jardins Perchés)

C’est l’entreprise Macadam Farm basée à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), spécialisée dans le développement de fermes urbaines, qui sera chargée d’assurer l’exploitation de ces terres, sans pesticides. Des légumes certifiés biologiques pousseront au sol, ainsi que des champignons, abrités dans quatre conteneurs maritimes. « Une culture dite intensive destinée à rentabiliser l’exploitation », explique l’élue. Des herbes aromatiques seront également plantées aux pieds des immeubles aux côtés d’arbres fruitiers « en libre-service, à la disposition des habitants ».

(Illustration : Les Jardins Perchés)

Mais c’est sur les toitures que les innovations seront les plus étonnantes. Pour assurer la fertilité des terres sous serres et à l’air libre, Les Jardins Perchés seront équipés de six bassins de poissons d’une capacité de 1 000 litres afin d’utiliser les principes de l’aquaponie. Il s’agit d’« une technique permettant de cultiver poissons et plantes ensemble, dans un écosystème construit en circuit fermé », décrit Clément Minier, directeur du développement et de l’aménagement de Tour(s) habitat, premier bailleur social de l’agglomération avec plus de 14 000 logements. En clair : les légumes se nourrissent des nutriments des excréments des poissons et lavent ainsi l’eau de ses souillures, avant de la renvoyer aux mêmes poissons. « L’aquaponie permet d’avoir moins de surface de terres, mais plus fertiles », analyse Clément Minier. Même si cette technique entraîne quelques complications : « Avec des piscines de 1 000 litres, le toit doit être renforcé : il va devoir soutenir une tonne par mètre carré, contre 250 kg pour une structure classique. »

(Illustration : Les Jardins Perchés)

Ce projet, qui compte près de 4 700 m² de surfaces habitables, est scruté par l’État, de nombreuses collectivités, et plus globalement par tous les acteurs du logement, notamment social. « Nous sommes très méthodiques et construisons le projet sous forme expérimentale avec un cahier des charges permettant qu’il soit reproductible à un coût raisonnable », rappelle Alexandra Schalk-Petitot qui assure que Les Jardins Perchés ne présentent pas « de surcoûts significatifs ». Le chantier qui a commencé à la fin de l’année 2017 se terminera sous vingt mois pour un coût total de 9,4 millions d’euros. Le maraîchage devrait débuter en septembre 2019.

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https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/21541/reader/reader.html#!preferred/1/package/21541/pub/30961/page/9

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