Développement économique-Agriculture : produire du BIO, ici et maintenant…

Alors que nous continuons à vouloir bétonner de très bonnes terres fertiles, la France vient de dépasser la demande par rapport à l’offre sur les produits BIO français.

Nous manquons de producteurs et de surfaces cultivées en BIO ; la suppression des aides publiques dès 2018 pour la reconversion en Bio, ne va pas aider ceux qui souhaitent quitter l’agriculture dépendante des firmes phytosanitaires comme Monsento.

Messieurs les élus, il existe vraiment un marché de l’emploi sur l’agriculture de proximité saine et BIO, ne vous obstinez pas à croire qu’il n’existe que l’industrie ou le commerce pour obtenir de l’embauche.

L’homme a et aura toujours besoin de manger ; mais plus sainement, comme avant la révolution agricole basée sur le rendement en dépit de la qualité et de la protection de l’environnement ; aidez donc les jeunes qui veulent produire nos beaux fruits et légumes issus de bonnes terres bien fertiles gavées de bons vers qui les enrichissent tant.

Nous avons encore un train de retard sur le BIO, comme avec le diesel ; les autres pays européens ont bien raison d’en profiter pour agrandir très rapidement leur surfaces en BIO devant une telle demande. 

Sylvain Blanche

Sylvain Blanche nous conseille la lecture d’un article de Loic Venance, de l’AFP, maru le 12 Décembre 2017 : Des kiwis bio ayant le label AB (Agriculture Biologique) sur le marché de Nantes le 22 novembre 2017. L’offre française semble peiner à répondre à une demande dynamique.


Faute d’adaptation de l’agriculture, les importations bio augmenteront…

Les agriculteurs bio français vont devoir augmenter leurs surfaces et leurs rendements, sinon les importations de produits biologiques en France vont fortement progresser, indique une étude publiée mardi, peu avant la fin des Etats généraux de l’alimentation.

« L’offre française semble peiner à répondre à une demande dynamique », ce qui est d’autant plus dommageable que les producteurs bio sont plutôt en meilleure santé que les non bio, souligne l’étude publiée par l’assureur-crédit français Coface.

Dans ce contexte, « l’augmentation des rendements, via l’innovation et/ou l’extension des surfaces cultivées en bio est une question clé », ajoute l’étude.

La France est le troisième marché mondial du bio (5,9 milliards d’euros en 2015, soit 7% du marché total et Coface estime qu’il atteindra environ 8 milliards en 2017), derrière les Etats-Unis (40 milliards en 2015, soit plus de 40% du total) et l’Allemagne (11%) et juste devant la Chine, le Canada et les autres principales économies européennes.

« La consommation augmente plus vite que l’offre depuis 2016, les conversions se sont ralenties, et on a recommencé à importer, avec même des tensions sur certains approvisionnements » a déclaré Bruno de Moura Fernandes, économiste à la Coface auteur de l’étude avec Sarah N’Sonde, responsable des analyses sectorielles.

« La dynamique de la consommation est telle que la filière devra sans doute muter pour accroître ses rendements et son échelle de production. Sinon, elle sera contrainte de recourir encore plus aux produits importés », résume le texte.

L’étude de la Coface juge « inévitable » l’agrandissement des exploitations, « malgré la réticence d’une partie des acteurs craignant que la notion d’agriculture biologique ne soit dénaturée par une industrialisation excessive de la production ».

Il permettrait un « accroissement des rendements grâce à des économies d’échelle », mais aussi « une meilleure qualité des produits » en « limitant les risques de résidus de produits chimiques des surfaces environnantes ».

La Coface souligne la contradiction qui accompagne une potentielle hausse des importations: il s’agit d’un risque de « perte des principes fondateurs de la bio » qui, outre l’absence de pesticides, promeut la proximité et les circuits courts logistiques.

Alors que les rendements de production en bio sont inférieurs en moyenne de 19 à 25% à ceux de l’agriculture conventionnelle, avec un écart pouvant dépasser 30% pour certaines céréales, le recours à l’innovation pour augmenter les volumes parait aussi inéluctable, selon l’étude.

Pêle mêle sont évoqués « l’utilisation de capteurs » pour détecter les risques de maladies et de ravageurs, ou mesurer les besoins en eau et ainsi participer à l’aide à la décision dans le pilotage de la production, de « stations météo connectées » pour anticiper et adapter l’irrigation, de « détecteurs de niveau » pour les céréales, les grains, les poudres ou les aliments pour animaux.

Ces changements sont d’autant plus importants que la production bio est aussi plus couteuse en main d’oeuvre souligne l’étude en notant que « la grande majorité des pays européens ont des tailles d’exploitations d’agriculture biologique plus étendues qu’en France ».

La Coface estime que l’augmentation de la consommation de produits bio en France devrait s’élever à 14% en 2017 (après plus de 20% en 2016), et être située entre 10 et 15% en 2018.

Avant la fin des Etats généraux de l’alimentation prévue pour fin décembre, le président de la République Emmanuel Macron a demandé à chaque secteur de la production agricole et de l’agroalimentaire de lui présenter un « plan de développement » filière par filière.

En ce qui concerne l’agriculture biologique, de nombreux acteurs du secteur sont remontés contre la suppression des aides publiques au maintien à partir de 2018. Ce secteur ne se sent « pas encore assez mature pour passer d’un financement par aides publiques à une régulation par le marché » selon Florent Guhl, directeur de l’agence bio.

© AFP

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*