Jardinage : comment desherber sans polluer…

La question est récurrente ; à chacun sa méthode… Toutefois, un très bel article de Jacky Guyon (Biosphoto Yann Avril), paru dans Le Parisien du 7 Avril 2018, nous donne ou nous rappelle quelques astuces ou moyens de desherber nos jardins sans polluer…
 Céline Garcia
Jardinage : comment désherber sans polluer
Griffes et désherbeurs thermiques permettent de se débarrasser des mauvaises herbes en se passant des produits de synthèse. Biosphoto/Yann Avril
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 Le désherbage, c’est la corvée des jardiniers. D’autant qu’à partir du 1er janvier 2019, les produits de synthèse seront interdits à la vente. Tour d’horizon des techniques qui permettent de s’en passer.

Désherbeur thermique, arrache-rumex, bâchage… Traquer les mauvaises herbes sans produits de synthèse, c’est possible.

Le désherbage chimique, mais vert

Fini les produits de synthèse, vive la chimie verte. Des solutions de substitution ont fait leur apparition, mais ils sont composés d’acides acétique ou pélargonique et leur innocuité est très controversée. Le premier, c’est du vinaigre, tout simplement. Quant à l’acide pélargonique, ou nonanoïque, c’est un acide gras qui tire son nom du pélargonium, mais qui est fabriqué à partir d’huile de colza. Ces désherbants alternatifs issus de la chimie verte n’ont pas que des avantages. Fortement irritants, ils doivent être utilisés avec précaution. Ils agissent par contact en provoquant le dessèchement rapide de la plante et le résultat est visible quasi immédiatement. Ces produits sont biodégradables en quelques jours. L’inconvénient, c’est qu’il est souvent nécessaire de renouveler l’application sept et quatorze jours plus tard.

« Toutes nos formulations sont homologuées, précise Julien-Bernard Brunel, chef de produits de la gamme désherbants chez Scotts (Fertiligène, KB…). Mais il faut désormais avoir une autre approche du désherbage. Il est nécessaire d’éduquer le jardinier. Il devra être de plus en plus préventif. Nos produits sont efficaces à condition d’être utilisés sur des herbes très jeunes et à une température modérée (+ 15 °C). Et il faut absolument respecter les dosages prescrits. C’est un élément sur lequel nous faisons beaucoup d’efforts. Nos produits sont livrés sous forme de tubes prédosés ou dans des bidons autodoseurs. » Pour lui, désherber aujourd’hui, c’est mettre en œuvre plusieurs procédés (manuels, thermiques, chimiques) en fonction de la situation et de la surface à traiter.

La solution thermique

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Les plantes meurent en quelques secondes lorsqu’elles sont exposées à une chaleur de plusieurs centaines de degrés./Biosphoto/Philippe Giraud

Cette solution s’appuie sur le processus naturel de la vie d’un végétal dont les cellules finissent par mourir en se desséchant. L’usage de désherbeurs thermiques accélère cet enchaînement. Exposées à une chaleur de plusieurs centaines de degrés, les cellules de la plante meurent en quelques secondes. On connaît surtout le désherbeur utilisant une bouteille de gaz, comme un chalumeau. Mais il existe aussi un système électrique. Berthoud, pionnier de cette technologie, le considère comme une avancée majeure.

« Il produit une chaleur de 600 °C alors que la plante meurt à partir de 100 °C, explique Nicolas Toran, directeur marketing Hozelock Exel. Il suffit de l’exposer pendant trois secondes. C’est une solution respectueuse de l’environnement moins dangereuse que le gaz avec son effet lance-flammes. Nous l’avons testé avec l’école d’ingénieurs de Lyon et sa fiabilité est telle que nous avons étendu la garantie de deux à cinq ans. » Cet outil est bien adapté pour de petites surfaces, des allées par exemple.

L’huile de coude

Voici l’autre technique de désherbage, indémodable et particulièrement efficace : l’huile de coude. « Si tu veux avoir un beau jardin, il faut s’y promener une heure par jour avec un couteau dans la poche et une binette », conseillait autrefois un vieux jardinier. Un conseil à remettre au goût du jour. Car cette visite quotidienne permet d’éliminer la moindre mauvaise herbe dès qu’elle pointe le bout du nez.

Aujourd’hui, il y a des outils qui facilitent l’arrachage : des marques comme Fiskars, ou plus récemment Naturen, proposent des extracteurs qui permettent d’arracher les plantes avec leurs systèmes racinaires complets sans avoir à se baisser. Leur mécanisme est parfois aléatoire.

Notre coup de cœur est l’arrache-rumex fabriqué par un forgeron de Plumelec dans le Morbihan. C’est une sorte de bêche à deux dents qui permet d’aller chercher les racines profondes, comme le pissenlit ou le rumex, avec une efficacité redoutable. N’oubliez pas non plus le couteau à désherber, une sorte de longue pelle étroite redoutable contre les mauvaises herbes qui envahissent les allées, car il se glisse dans les petits espaces.

Trois autres méthodes douces

Les copeaux de résineux

C’est une astuce que connaissent bien les pépiniéristes professionnels. Les écorces de résineux ont des propriétés antigerminatives. C’est ainsi qu’en étalant du paillage à base d’écorces de pin ou de sapin — ce que font les jardiniers de Paris avec les sapins de Noël broyés —, vous empêchez les racines des mauvaises herbes de faire surface.

Le bâchage, l’arme absolue

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La bâche prive les mauvaises herbes de lumière. LP/Jacky Guyon

Priver les plantes de lumière, un des éléments indispensables à leur croissance : c’est le principe qui fait du bâchage une des armes les plus efficaces pour éliminer les herbes indésirables. Il suffit d’étaler une bâche opaque (de récupération) sur le sol pendant quelques semaines, voire deux, trois mois. Lorsque vous la retirerez, il n’y aura plus aucun végétal et le sol sera tout ameubli. Vous pouvez même la laisser en place pour y faire vos plantations. C’est le procédé idéal pour traiter des grandes surfaces d’une façon durable. Pratique au potager mais pas envisageable dans les allées du jardin.

La concurrence des fleurs

Lutter contre les mauvaises herbes, c’est faire preuve d’imagination. Vous pouvez par exemple utiliser des mélanges de fleurs dont les semences sont sélectionnées en fonction de leur système racinaire très développé. Ces fleurs, en faisant concurrence aux plantes indésirables, les empêchent de se développer.

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