Projet d’aménagement du Lac de Peyrat à Saint-Antoine

Le projet d’aménagement du Lac de Peyrat à Saint-Antoine

LA CONSTRUCTION

D’UN PARC RESIDENTIEL DE LOISIRS

Le Mercredi 7 Avril 2015, M. Eric Haziza, architecte, est venu présenter au Conseil Municipal de la Commune, le projet d’aménagement du lac de Peyrat à Saint-Antoine.

Dans les cartons depuis plusieurs années, ce projet semble vouloir émerger.

Il s’agit de la construction d’un parc résidentiel de loisirs. Nous avions déjà évoqué cette question dans notre numéro de Communiqué de Janvier 2015, en signalant que la commune avait fait réviser, de 2013 à 2014, son plan local d’urbanisme (PLU) en vue de le rendre compatible avec le projet d’aménagement du lac, pour faire en sorte que cette zone d’une dizaine d’hectares soit déclarée constructible et aménageable.

Le projet avance. Un certificat de projet a été déposé à la sous-Préfecture de Villeneuve-sur-Lot.

Il s’agit bien d’un imposant projet d’aménagement comprenant la construction de 49 pavillons dont 46 Cottages de 70 m² et 3 maisons individuelles de 140 m². Un projet d’un coût global de 13 Millions d’Euros, qui pourrait voir le jour dès 2016-2017 (Dans un délai probable de 18 mois, selon l’architecte).

S’il voit le jour, ce parc résidentiel de loisirs sera un véritable village à côté du village, avec une capacité d’accueil de 300 lits, une salle de sports et une piscine de 20X10 m, un restaurant pouvant servir 250 repas/jour, une brasserie pour la fabrication d’une bière locale et une salle polyvalente pouvant accueillir 300 personnes. L’ensemble, constituant un domaine privé, accessible aux seuls résidents (Résidences secondaires de loisirs). Seuls le restaurant et la brasserie, situés en bordure de la route communale, seront ouverts aux non résidents. La salle des sports et la piscine pourront être accessibles aux non résidents munis d’une carte spéciale d’abonnement.

L’investisseur privé, M. César Hulin, de la Société Mureclaire de Bavay, dans le Nord, financerait la totalité du projet, en principe, sans aides ni subventions.

Les Cottages seraient vendus (250 000 Euros pour un 70 m²) ou loués par l’intermédiaire d’une centrale de réservation. Un gardien, gérant du site, résiderait sur place ; et, à terme, le projet pourrait générer en saison, une dizaine d’emplois à temps partiel. Les aménagements prévoient, par la suite, en aval du lac, la création d’un parc accrobranches et l’aménagement d’un lac à truites.

Les habitants de Saint-Antoine se posent des questions. Ils attendent des réponses. Qui va les leur donner ?

Le financement du projet :

Il s’agit d’un investissement privé sur une propriété privée, mais :

– Qui va prendre en charge les nécessaires travaux de voirie pour permettre aux futurs résidents du parc, d’accéder au site; notamment pour la route communale qui va de l’église à la fontaine où se situera l’entrée du parc ?

– Qui va payer les travaux de sécurisation des terrains du site ? (Certains travaux de sécurisation et en particulier la remise en état du mur de soutènement côté Ouest du site, et le traitement des éperons rocheux situés au pied du village, doivent être effectué sur ou à partir des terrains appartenant à 8 riverains différents).

Les questions règlementaires :

– L’Architecte des Bâtiments de France a-t-il donné son aval, par écrit, pour le plan de masse de ce projet ? Ou a-t-il simplement donné un accord verbal de principe ? (La zone à aménager se situe dans le périmètre du site médiéval classé des cornières et de l’église).

– Y aura-t-il, comme c’est la règle, pour toute emprise de plus de 10 hectares, une Etude d’Impact ?

Ou les surfaces déclarées seront-elles modifiées pour ramener l’emprise à moins de 10 hectares et éviter l’étude d’impact ? (Etude obligatoire dès lors qu’il y a des zones humides à traiter)

– Le dossier « Loi sur l’eau » a-t-il été réalisé, et quelles sont ses conclusions ?

– La station d’épuration située en aval du lac , aura-t-elle la capacité d’accueillir une cinquantaine de branchements supplémentaires, représentant 300 lits ? (La réalisation des nouveaux lotissements autour du village ont ou vont déjà apporter des flux conséquents d’eaux usées à traiter)

– Comment la « Charte Paysagère » du Grand Villeneuvois se traduira-t-elle dans ce projet ?

Questions de vie sociale :

– Comment les habitants de la commune vont-ils percevoir la création de ce « village de 300 lits » à côté du bourg? Comme une « aubaine » ou comme une « colonie », un « greffon »?

– Ne risque-t-il pas d’y avoir des difficultés de cohabitation, notamment pendant la période d’été ?

– Quel « bénéfice » la commune de Saint-Antoine et ses habitants, tireront-ils de cette réalisation ? Dynamisation économique ? Taxes foncières ? Taxes de séjour ?

Nous souhaitons que le Maire, la Municipalité, l’Architecte, le promoteur et les diverses autorités, puissent apporter des réponses à ces questions par un Bulletin Municipal spécial et une réunion publique, le plus rapidement possible.

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Le Lac de Saint-Antoine : l’envers du décor…

Le 8 Avril dernier, M. Eric Haziza, architecte du projet, présentait au Conseil Municipal de la Commune, le schéma directeur du futur aménagement du Lac de Peyrat à Saint-Antoine.

Que d’images idylliques ont circulé depuis !… Certains échos de presse sont allés jusqu’à en faire une banlieue des jardins d’Eden, avec des accents champêtres que n’auraient pas renié les plus authentiques des écologistes… Certains propos sont carrément empruntés au vocabulaire des offices de tourisme lorsqu’ils évoquent, par exemple, le parcours à truites qui sera mis en place pour les férus de la pêche, ajoutant, sans doute pour appuyer l’argument, avec un accent un tantinet bucolique, que le promoteur, lui même, est un grand amateur de ce loisir ! Pas de chance, aux dernières nouvelles, le lac à truites serait abandonné et le parcours « accrobranches » ne ferait plus partie du projet !

Et d’évoquer la dizaine d’emplois qui seraient créés, dans ce parc résidentiel écologique où chaque arbre sacrifié pour cause de travaux sera replanté…

Il n’est pas interdit de rêver, ni de croire au père Noël…

Mieux vaut, cependant, rester les pieds sur terre et prendre sérieusement en considération les questions que se posent et que posent les habitants de la commune aux diverses autorités responsables dont les avis se conjugueront pour accorder ou non, le sacro-saint permis d’aménager.

La sagesse voudrait que l’on se penche, un instant, sur l’historique de l’affaire.

L’hebdomadaire La Feuille du 29 Mai 2015, rappelle, à juste titre, que l’on en n’est plus au premier coup d’essai pour l’aménagement de ce site.

Exit le temps où la famille Bosca, propriétaire des lieux, gérait le lac en site convivial et familial où l’on pouvait venir avec son panier pique-nique et son sac de baignade, pour passer une agréable journée dans la verdure, au bord de l’eau ; où l’on pouvait venir camper, faire du pédalo ou taquiner le goujon en toute simplicité. De multiples obstacles se sont dressés au fil des ans, qui ont abouti à la cessation de l’exploitation et à la vente de la propriété, il y a une dizaine d’années, aux familles Vollet et Thoumire.

Depuis, de tribulations en viscissitudes, d’ambitions déçues en ventes successives, le site est resté à l’abandon.

La Commune et la Communauté des Communes, aujourd’hui l’Agglomération du Grand Villeneuvois, ont sans doute raté l’opportunité, à l’occasion d’une des dernières cessions, de préempter et d’acquérir ce site pour en faire une authentique zone de loisirs populaire, qui aurait profité aux habitants de la Commune et du Grand Villeneuvois tout entier…

Mais l’heure n’est pas aux regrets des occasions perdues. On ne peut pas réécrire l’histoire. L’idée de réhabiliter et de valoriser ce site remarquable est sans doute louable. Généralement, les Antonins sont d’accord pour que l’on fasse quelque chose pour « booster » l’économie de la Commune et pour valoriser leur cadre de vie. Mais ils n’ont pas envie de voir faire n’importe quoi, n’importe où, n’importe comment, à n’importe quel prix.

C’est pourquoi, au moment où ce nouveau projet se dessine, Il est important, pour tout le monde, de voir clair et de savoir, avec précision ce qui se prépare, réellement sur le site de Peyrat.

L’heure est aux interrogations sur le devenir de cette propriété privée, enclave de verdure, située au pied des cornières et de l’église, et contigüe de la fontaine communale, qui semble, désormais, vouée aux appétits de la promotion immobilière de loisirs.

Un parc résidentiel de loisirs ? Pourquoi pas ? Après-tout, les propriétaires du site, et la Société Civile Immobilière du Lac de Peyrat, sont chez eux ; ils peuvent y faire ce qu’ils veulent, dans la limite des cadres légaux.

C’est là que les premières questions se posent, qui méritent réponses…

Avis de l’Architecte des Bâtiments de France

L’Architecte des Bâtiments de France s’est toujours opposé à la Construction de maisons et autres bâtiments dans ce secteur au prétexte qu’il s’agit d’une zone située dans le périmètre du site médiéval classé des cornières et de l’église. Or, aux dires de l’architecte du projet, l’ABF aurait donné son aval pour le plan de masse du parc résidentiel de loisirs. Il serait intéressant de savoir pourquoi ce revirement. Un document écrit, motivé et rendu public, devrait pouvoir attester de la chose. Apparemment, à ce jour, il n’en est rien.

Le Plan Local d’Urbanisme a dû être révisé

Dans le PLU en vigueur jusqu’en 2014, la zone du lac ne permettait pas les constructions prévues dans le projet d’aménagement de la SCI Lac de Peyrat. Pour rendre tous les terrains du site constructibles, il a fallu réviser le PLU (Coût : quelque 8000 € pour la commune). Cette révision, en cours depuis 2 ans, a été actée lors du Conseil Municipal du 29 Septembre 2014 (Sur 15 membres du Conseil : 1 absent, 13 oui et 1 Abstention). En l’absence de recours, le PLU modifié est rendu exécutoire. Pour cette question également, il aurait été intéressant de connaître l’avis de l’ABF et du Pôle Urbanisme et Habitat du Grand Villeneuvois… Zones d’ombre…

Permis de construire accordés dans l’urgence au cours de l’été 2014

Au cours du Conseil Municipal du 29 Septembre 2014, le Maire annonçait à ses conseillers, qu’il avait, pendant les vacances, et par souci de ne pas bloquer le projet à priori, accordé les permis de construire 2 pavillons témoins, malgré les réserves du Pôle Urbanisme du Grand Villeneuvois, organisme instructeur des demandes de permis de construire, pour lequel toutes les conditions n’étaient pas encore réunies… Le Maire, soucieux de voir des choses se faire sur la commune, pressé par l’investisseur qui menaçait de ne pas donner suite à son projet en l’absence de la possibilité de construire ces deux pavillons témoins, a décidé de signer le précieux sésame… On se demande bien où était l’urgence en été 2014 : les pavillons témoins ne verront, peut-être le jour, qu’à la fin de l’année 2015.

L’Etude d’Impact Ecologique : se fera ? Ne se fera pas ?

C’est la règle : tout projet d’aménagement d’envergure doit être l’objet d’une étude d’impact écologique. Or, tout donne à penser que le promoteur du Parc Résidentiel de Loisirs du Lac de Peyrat, essaie d’y échapper. Le projet initial de 2013 dépassait largement les 10 hectares d’emprise au delà desquels l’étude d’impact est obligatoire. Dans le projet présenté le 8 Avril 2015, l’emprise serait ramenée au dessous de 10 hectares… Les associations environnementales grognent, les pouvoirs publics tergiversent… A noter, quand même, que la DDT (Direction Départementale des Territoires) faisait remarquer, au cours d’une réunion qui s’est tenue à la Sous-Préfecture de Villeneuve-sur-Lot le 28 Février 2014, que : « Le projet diminué de surface n’éviterait pas forcément l’étude d’impact compte tenu entre autres des importantes surfaces humides à traiter, du cours d’eau à détourner et/ou à buser »… Dès lors, en dehors du coût de l’opération, on se demande bien qu’est-ce que cette étude d’impact écologique pourrait bien révéler qui pourrait faire obstacle à l’ambitieux projet…

D’autres questions, sans réponses, pourraient, également, être embarrassantes…

Au 8 Avril 2015, personne ne sait encore ce que dira le dossier « Loi sur l’eau » ; personne n’a encore répondu, clairement, aux questions relatives à la sécurisation des terrains du site pour ce qui est des éperons situés au pied du village, secteur Nord-Ouest du projet, sur des terrains qui n’appartiennent pas au promoteur. Ces éperons instables devraient être détruits. Le mur de soutènement côté Ouest du site devrait être remis en état. Or ce mur appartient à plusieurs riverains différents… S’il n’y a pas d’accord pour ces travaux, y aura-t-il pose de filets ? (Auquel cas l’Architecte des Bâtiments de France aura peut-être encore son mot à dire). Enfin, ne semblent pas encore réglés les problèmes liés à la vente du terrain communal inclus dans le site et celui du chemin communal qui le traverse.

Le soutien de la CAGV et du Conseil Départemental…

Dans une interview donnée à Radio 4 le 28 Avril dernier, le Maire déclarait que ce projet d’aménagement avait le soutien de la Communauté d’Agglomération du Grand Villeneuvois et du Conseil Départemental de Lot-et-Garonne. De quel type de soutien s’agit-il ?

L’architecte du projet, Eric Haziza avait affirmé le 8 Avril 2015, qu’il s’agissait d’un projet strictement privé et que son financement, à hauteur de 13 Millions d’Euros, serait supporté par le seul investisseur.

Si de l’argent public venait concourir pour cette entreprise, il serait juste que les contribuables en soient informés clairement : formes et montants des aides ou des « prise en charge » diverses…

En tout état de cause, les voies d’accès au site sont communales et à charge de la CAGV. Il serait légitime que les habitants de la Commune et de l’Agglo sachent combien vont coûter à la collectivité les travaux de réfection de la voirie et des aménagements connexes.

Qui, à Saint-Antoine, a déjà vu le généreux investisseur du Lac de Peyrat ?

Les Antonins connaissaient la famille Bosca, les familles Vollet et Thoumire… Personne n’a encore vu M. César Hulin, gérant de la SCI du Lac de Peyrat. Les différentes transactions semblent être faites par l’Architecte du projet, Eric Haziza, et par le « Mandataire » de M. Hulin, M. Thoumire, ancien propriétaire du lac.

Il serait peut-être souhaitable que l’acteur principal de la réalisation du Parc résidentiel, vienne un jour prochain, présenter lui-même aux « autochtones » qui sont censés l’accueillir, le projet qu’il compte mettre en place… Il pourra, peut-être, ce jour là, dire quelques mots sur le régime juridique et fiscal de « son affaire » et expliquer comment, et à qui, il compte « vendre sur plan » pour 250 000 Euros l’unité, ses « cottages » de luxe…

Sans parodier notre Anne Roumanoff préférée, on voit bien que « L’on ne nous dit pas tout »…

Les Antonins sont sur la réserve. Ils ne sont pas contre le fait que l’on vienne faire des choses chez eux, mais ils aiment bien savoir quoi. Avec leur bon sens du terroir, ils n’accordent leur confiance à un projet que s’il leur paraît crédible (dans toutes ses dimensions), cohérent (avec le site, et conforme à la loi), consistant (solide et référencé) et convivial (compatible avec le vivre ensemble).

Le Maire et son Conseil Municipal jouent la transparence. Les habitants de la commune comptent aussi sur eux pour défendre leurs intérêts…

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